Fiche de l'auteur

Piris Mireille

Mireille Piris est née en 1946 à Blida en Algérie. De nombreux écrits jalonnent sa vie professionnelle de comédienne, chanteuse, animatrice culturelle, psychodramatiste, formatrice-conseil. Elle pratique une écriture privilégiant les formes courtes, fragments, prose poétique, nouvelles.

Elle vit aujourd'hui en Drôme provençale.

 

Boulevard des Orangers

 

Comment vous est venu le goût de l’écriture ?

Je ne dirai pas depuis toujours, en tous cas depuis très longtemps ! C’est lié au goût de la lecture et à la voix. Dés l’école primaire, je récitais les poèmes avec ardeur, je me souviens aujourd’hui encore de certains vers. Ma vie professionnelle a été mêlée à l’écriture, de spectacles, de chansons, dans un premier temps, puis d’articles dans différentes revues. J’ai souvent eu le besoin d’articuler la réflexion à ma pratique, d’en laisser trace et de partager. Le partage est une notion essentielle pour moi, imaginez un livre non lu !

Quelle est l’inspiration de votre livre « Boulevard des orangers » ?

Blida est le lieu ou se sont baladées mon enfance et mon adolescence. Seize ans dont huit de ce que l’on a mis longtemps à appeler Guerre d’Algérie. Seize ans ponctués d’étés dans la Drôme et le Vaucluse. La gamine a grandi dans ces allers-retours.

Il y a plusieurs années que j’ai commencé à écrire ces fragments. J’aime cette forme littéraire, qui raconte beaucoup très brièvement, où il faut être à la fois précis et allusif. Et j’ajouterai impressionniste et poétique. Chaque fragment évoque un paysage, une personne, un moment de vie. Et puis il a bien fallu rassembler tous ces feuillets !  Le lien évident a été l’eau. L’eau, la mer, le paquebot, la nage…

Peu à peu aussi s’est construit le désir de témoigner. Un grand silence a suivi cet épisode douloureux de l’Histoire, une chape de silences, quels que soient les acteurs. Militaires, harkis, rapatriés… Mais aujourd’hui ces acteurs vieillissent, et certains ont envie de laisser trace.

Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

J’écris, depuis plusieurs années, des nouvelles. Oui, j’aime les formes courtes. Et oui, le prochain livre sera un recueil de certaines de ces nouvelles, enfin, je l’espère. Quant à la poésie, j’en suis pour l’instant mon unique confidente…

À la lecture de votre biographie, vous avez eu une carrière éclectique. Laquelle de toutes ces carrières avez-vous préféré ?

Cela peut paraître ainsi, mais j’ai vécu cela plutôt en terme de transformation, d’évolution. Quitter la psychologie pour faire du théâtre, puis de l’animation, y revenir par le psychodrame. Puis dans mon métier de formatrice, aider à la construction ou à l’évolution des personnes et des groupes en me servant de toutes ces expériences-là, vous voyez, il y a du lien.

Et aujourd’hui, si je pratique alternativement l’écriture, la peinture ou la photographie, je ne me sens pas particulièrement cloisonnée. Enfin, si, je vous l’avoue, de temps en temps un peu, mais c’est parce que la vie est trop courte !

 

Propos recueillis par Frank PREVOT

LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ – 26 décembre 2017

 

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